Journée d’étude : Frontières, méditerranée et Migration qui a eu lieu à la CEF, 58 avenue de Breteuil, 75007 Paris le 12 Mars 2024

J’étais accompagné de Mme Joanne Yang Responsable de l’aumônerie Catholique Hmong et de Mr Jean-Marie DUBERNET Diacre et Responsable Régional Pastoral de la Région d’Orleans, J’ai donc pu assister à cette journée d’étude le 12 mars 2024 qui s’est déroulée dans les locaux de la maison de la CEF (Conférence des évêques de France) à Paris, celle-ci était organisée par la pastoral des migrants.

 Le thème « FRONTIERES MEDITERRANEE ET MIGRATION »

Nous connaissons la position de l’église de France sur le sujet de l’immigration (Assemblée plénière de novembre 2023 » Déclaration des évêques de France à propos du projet de loi sur l’immigration) mais au sein de notre communauté et chaque chrétien quand est-il ?

En effet, au sein de cette communauté, elle est composée de plusieurs nationalités qui proviennent de différents continents.

J’ai toujours été intéressé par le suivi des débats sur les sujets sociétaux que ce soit du point de vue économique ou politique. Le thème du jour « FRONTIERES MEDITERRANEE ET MIGRATION »   m’a amené à assister à cette journée d’étude pour comprendre le point de vue des Catholiques pratiquants (des chrétiens).

La journée était organisée de la façon suivante :

Le matin : la conférence porte sur « frontière et migrants » avec des témoignages des personnalités telles que :

Matthieu TARDIS, co-directeur de synergies migrations, a exposé la mise en place de la politique française et européenne sur l’accueil de l’immigration, ainsi que sa répartition et l’attribution des budgets sur les frontières administratives des pays.

Camille SCHMOLL, directrice de recherches EHESS, a développé son étude migratoire sur les femmes africaines qui ont traversé, ou tenté de traverser, la mer Méditerranée. Elle a tout particulièrement signalé le sort des femmes migrantes qui ont subi du chantage et des agressions.

Elle a également mentionné que chaque migrant ou réfugié a toujours un projet lorsqu’il décide de partir.

Fabienne LASSALLE, directrice générale adjointe de SOS Méditerranée. SOS Méditerranée est une association civile et européenne de recherche et sauvetage en haute mer qui intervient particulièrement en mer méditerranée pour le sauvetage des migrants qui traversent la mer Méditerranée sur les embarcations en détresse, canots pneumatiques ou barques en bois, inaptes à la navigation. Fabienne LASSALLE a exposé et pointé les difficultés rencontrées dans les missions en mer par SOS Méditerranée telles que :

  • Le sauvetage dans le strict respect du droit maritime international.
  • Le financement des opérations de sauvetage.
  • Le recrutement des bénévoles pour pérenniser les missions.

Alvar SANCHEZ, sj, secrétaire général de Caritas Maroc a souligné l’importance de l’accompagnement des migrants ou sinistrés. L’accompagnement signifie le plus souvent partager notre vie. Il nous aide à nous ouvrir à l’autre et à reconnaître notre fragilité commune.

Alfred SPIRA, professeur honoraire de santé publique et d’épidémiologie, membre de Tous Migrants. Il témoigne sur les conditions difficiles de l’accueil des migrants à la frontière Franco-Italienne à Briançon (05) et souligne l’important d’aide de la paroisse et le diocèse.

L’après-midi est consacrée pour répondre à des questions telles que :

Quels sont les défis actuels liés aux phénomènes migratoires ? Quelles alternatives pour y répondre ? Quel est notre rôle en tant que chrétiens ?

Pour nous aider à éclairer et mieux comprendre le sujet de la migration, nous avons eu l’intervention du Père Avelino CHICO, sj responsable de la Section Ecoute et Dialogue, Dicastère pour le développement humain intégral basé à Rome. Père Avelino CHICO, nous a rappelé le discours du Pape François prononcé lors de sa visite à Marseille le 22 septembre 2023 et ainsi sa crainte exprimée de voir se transformer « la Méditerranée, berceau de la civilisation, en tombeau de la dignité ».

Le pape a rappelé aussi que les migrants qui « risquent leur vie en mer » pour gagner l’Europe « n’envahissent pas, ils cherchent hospitalité » et ils « ne doivent pas être considérés comme un fardeau à porter »,

Paragraphe : 2- le port de Marseille – Le concile Vatican II 

Pendent cette journée d’échange, il y a eu des questions – réponses et des témoignages de l’auditoire. Les phrases qui m’avaient particulièrement interpelé et marqué telles que :

La frontière ? Du point de vue administratif, c’est la ligne qui limite un territoire ou une séparation des états : nous ne pouvons pas passer la frontière si nous ne détenons pas l’autorisation (les papiers) de l’administration du pays, ce sont des droits territoires internationaux.

En tant que chrétien et être humain « La question qui se pose pour nous :   peut-on emprunter cette frontière afin de fraterniser avec nos semblables ? Peut-être devrions-nous établir nos propres frontières en tant qu’être humain et chrétien ?

Quelle est la différence entre un migrant et réfugié ? rappelée par un des intervenants, à savoir que le migrant ou réfugié c’est une personne, il a un nom, un visage et de l’humanité.

En lien avec « Le projet de partir » : Camille SCHMOLL a souligné que chaque migrant ou réfugié a toujours un projet lorsqu’il décide de partir ou rester.

Les paroles du Pape : Les personnes cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, retrouver la liberté. N’est-ce pas le désir de chacun d’améliorer ses conditions de vie et d’obtenir un bien-être honnête et légitime ?

Intégration : Une question a été posée au Père Avelino sur le sujetintégration et assimilation. Il a répondu et expliqué qu’en tant que chrétien sur le sens de l’intégration : « avec le verbe promouvoir, laisser un peut le mien et le tien pour arriver ensemble ‘nous’. Toi + moi = Nous »

La Fraternité : Le Père Avellino a rappelé que La Fraternité, c’est le cœur de notre Foi chrétienne. La Fraternité c’est aussi d’aller à la rencontre de la différence de l’autre.

Différents témoignages au sein de l’auditoire ont montré qu’il y existait sur le sujet de l’accueil des migrants, des désaccords parmi les paroissiens. L’un des participants s’est exprimé « Lorsqu’on est engagé dans l’action venant en aide, nous devrions laisser notre opinion politique de côté, c’est tout simplement l’humanisme qui prime, que nous sommes croyants ou pas et particulièrement en tant que chrétien.

La Résilience : Une question s’est posée, comment faire pour pérenniser les actions humanitaires ? Réponse de Fabienne LASSALLE, « c’est avec la résilience que nous pouvons continuer à mener nos actions aide humanitaire ».

Je voudrais compléter cette question : « Chrétien, avons-nous de la résilience pour suivre le chemin du Christ ? »

Ce fut une journée enrichissante tant sur le plan personnel et que sur les informations échangées sur les conditions d’aides au migrant.

Tsav Yis THOJ

Cécile YANG