Ne fermez pas votre cœur

L’ Amour de Dieu veut s’inviter en vous

Labourant les recoins des mauvaises herbes

Pour que la terre retrouve son engrais sain.

L’ Amour veut travailler tout votre cœur

A reconnaitre son unique Seigneur

L’ Amour vous aide à délier le mauvais ici-bas

Et ouvrir vos oreilles à sa véritable voix.

Pour que votre âme resplendisse de Joie

Et de la Lumière du Juste tout là haut.

                    Joanne YANG

Témoignage de madame Vaj Nyiaj Lwm

Propos recueillis par Joanne Yang

Traduction en français par Marie Siong (niam Tsav Thwj Xyooj)

Je suis une Hmong Lauj. Je m’appelle Maiv Yias.

Ma mère s’appelle Cib Xyooj et mon père Tooj Txim Lauj.

Je suis née le 12 mai 1952 au village de Hav Tshauv, dans la province de Noom Hej, au Laos. J’ai 73 ans.

Je suis le quatrième enfant issu de mes parents.

J’ai deux filles et six garçons. J’ai maintenant 22 petits-enfants.

Je n’ai pas encore d’arrières petits-enfants.

Je me suis mariée à l’âge de 14 ans environ. Mon mari et moi nous sommes mariés en février 1967 dans une église de Looj Ceeb.

J’ai passé ma vie avec mes parents à travailler pour subvenir aux besoins de ma famille.

Quand j’étais petite, ma famille n’était pas croyante.

Je vivais avec mon mari et j’ai été initiée à la foi chrétienne à Vientiane. J’ai également reçu le baptême.

A cette époque, les femmes hmong n’avaient pas accès à l’éducation.

Très peu  de femmes fréquentaient l’école des Sœurs.

Étant une fille Hmong n’ayant pas été scolarisée, j’étais en situation d’illétrée.

Je me souviens que je souhaitais apprendre à lire et écrire et j’ai donc demandé au Père Nyiaj Pov de m’en donner l’occasion.

Je n’arrêtais pas d’harceler le père alors il a accepté de me laisser essayer pendant un mois.

J’y suis allée, mais je n’arrivais pas à temps pour les travaux dans la maison du père, ce qui m’a donc amené à abandonner.

À cette époque où l’éducation n’était pas encore accessible, les femmes étaient perçues de manière défavorable par les Hmong. Elles n’avaient aucun droit.

Mon mari et moi sommes allés vivre chez le père pour qu’il puisse être formé pour devenir catéchiste.

Des femmes accompagnaient leurs maris. On était nombreux sous le même toit.

Étant analphabète, j’étais très triste. Ces choses m’ont affaiblie.

Je suis reconnaissante envers mon mari, car il m’a aussi soutenue à ce moment-là. Il m’a appris à être courageuse et à croire en moi. Grâce à lui, j’ai pu exprimer mes talents.

Plus tard, nous sommes allés vivre avec les Hmong dans leur village de Roob Kuj Twm.

Je me souviens des enseignements de mes parents quand j’étais petite : ils m’apprenaient à parler gentiment aux autres, à être bienveillante envers les personnes.

Alors, je parlais aux mères du village, j’allais travailler avec elles, je leur proposais de venir travailler avec moi, de s’entraider pour cuisiner et de gagner leur confiance.

Les Hmong du village ne souhaitaient plus que nous partions.

Le prêtre envoyait les enseignants vivre dans un quartier temporairement. Plus tard, il envoyait un autre couple d’enseignants.

La parole bienveillante résonnait en moi, et elle a fortifié ma foi dans ma vie.

J’étais persuadée que je devais bien parler à mes enfants et les éduquer avec douceur. Les enfants sont des enfants, ils ne comprennent pas comme les adultes

Si les enfants recevaient bien la parole bienveillante, ils seraient obéissants et se lieraient à moi. C’est pourquoi j’ai dit à mon époux de me confier la responsabilité de l’éducation des enfants.

Je ne savais pas lire et ni écrire, mais je crois que bien parler est un moyen d’inciter les autres à faire le bien.

Parfois, j’allais vacciner les villageois et je les aidais en leur donnant les médicaments.

Les diacres nous ont appris à vacciner. Avec de la détermination et quelques répétitions, nous y parvenions.

En 1974, nous sommes retournés à Vientiane.

Nous nous sommes toujours considérés au même niveau que chaque villageois.

Nous avons beaucoup d’enfants et recevons souvent des invités, mais j’apprends toujours à mes enfants à être calmes et sereins.

Etant donné que je n’ai pas fait d’études, je ne peux donc rien leur apprendre pour les aider. Cependant, j’ai toujours des paroles bienveillantes à leur égard.

Aujourd’hui, mes enfants sont déjà grands et s’ils ont des questions ils attendent toujours de pouvoir me les poser. Je leur transmets de bonnes valeurs, je leur dis des paroles encourageantes pour qu’ils aient la motivation d’étudier.

Partout où j’allais, que ce soient des parents, amis, tous me demandaient un conseil pour améliorer leur vie…

Je ne savais pas grand-chose, mais ils disaient vouloir un bon conseil de ma part pour les guider.

Ils utiliseraient mes paroles pour changer leur cœur… Ils ne voulaient rien venant de ma part, ils souhaitaient juste une parole bienveillante.

J’ai toujours pensé qu’il fallait être humble pour permettre aux autres de venir à soi et se sentir proches de soi. Le chemin de la générosité est très difficile, mais il faut le suivre tout au long de sa vie.

Faire le bien afin de recevoir une bonne parole et une bonne réputation tout au long de notre vie.

La patience est la clé de la victoire.

Je remercie le Seigneur Dieu car je crois fermement que l’Esprit de Dieu est en moi ; voilà pourquoi je peux être patiente.

Cela est ce qui me rend vraiment heureuse.

Mr et Mme Vaj Nyiaj Lwm