Heureux les pauvres de cœur

Par les yeux de Dieu

L’humilité de ton cœur resplendira.

Par les yeux de Dieu

La chaîne de ton cœur se déliera.

Par les yeux de Dieu

La paix en ton cœur unique viendra.

Par les yeux de Dieu

Le repos en ton cœur l’habitera.

  Joanne YANG

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Author Archive by Aumônerie catholique Hmong de France

Journée d’étude : Frontières, méditerranée et Migration qui a eu lieu à la CEF, 58 avenue de Breteuil, 75007 Paris le 12 Mars 2024

J’étais accompagné de Mme Joanne Yang Responsable de l’aumônerie Catholique Hmong et de Mr Jean-Marie DUBERNET Diacre et Responsable Régional Pastoral de la Région d’Orleans, J’ai donc pu assister à cette journée d’étude le 12 mars 2024 qui s’est déroulée dans les locaux de la maison de la CEF (Conférence des évêques de France) à Paris, celle-ci était organisée par la pastoral des migrants.

 Le thème « FRONTIERES MEDITERRANEE ET MIGRATION »

Nous connaissons la position de l’église de France sur le sujet de l’immigration (Assemblée plénière de novembre 2023 » Déclaration des évêques de France à propos du projet de loi sur l’immigration) mais au sein de notre communauté et chaque chrétien quand est-il ?

En effet, au sein de cette communauté, elle est composée de plusieurs nationalités qui proviennent de différents continents.

J’ai toujours été intéressé par le suivi des débats sur les sujets sociétaux que ce soit du point de vue économique ou politique. Le thème du jour « FRONTIERES MEDITERRANEE ET MIGRATION »   m’a amené à assister à cette journée d’étude pour comprendre le point de vue des Catholiques pratiquants (des chrétiens).

La journée était organisée de la façon suivante :

Le matin : la conférence porte sur « frontière et migrants » avec des témoignages des personnalités telles que :

Matthieu TARDIS, co-directeur de synergies migrations, a exposé la mise en place de la politique française et européenne sur l’accueil de l’immigration, ainsi que sa répartition et l’attribution des budgets sur les frontières administratives des pays.

Camille SCHMOLL, directrice de recherches EHESS, a développé son étude migratoire sur les femmes africaines qui ont traversé, ou tenté de traverser, la mer Méditerranée. Elle a tout particulièrement signalé le sort des femmes migrantes qui ont subi du chantage et des agressions.

Elle a également mentionné que chaque migrant ou réfugié a toujours un projet lorsqu’il décide de partir.

Fabienne LASSALLE, directrice générale adjointe de SOS Méditerranée. SOS Méditerranée est une association civile et européenne de recherche et sauvetage en haute mer qui intervient particulièrement en mer méditerranée pour le sauvetage des migrants qui traversent la mer Méditerranée sur les embarcations en détresse, canots pneumatiques ou barques en bois, inaptes à la navigation. Fabienne LASSALLE a exposé et pointé les difficultés rencontrées dans les missions en mer par SOS Méditerranée telles que :

  • Le sauvetage dans le strict respect du droit maritime international.
  • Le financement des opérations de sauvetage.
  • Le recrutement des bénévoles pour pérenniser les missions.

Alvar SANCHEZ, sj, secrétaire général de Caritas Maroc a souligné l’importance de l’accompagnement des migrants ou sinistrés. L’accompagnement signifie le plus souvent partager notre vie. Il nous aide à nous ouvrir à l’autre et à reconnaître notre fragilité commune.

Alfred SPIRA, professeur honoraire de santé publique et d’épidémiologie, membre de Tous Migrants. Il témoigne sur les conditions difficiles de l’accueil des migrants à la frontière Franco-Italienne à Briançon (05) et souligne l’important d’aide de la paroisse et le diocèse.

L’après-midi est consacrée pour répondre à des questions telles que :

Quels sont les défis actuels liés aux phénomènes migratoires ? Quelles alternatives pour y répondre ? Quel est notre rôle en tant que chrétiens ?

Pour nous aider à éclairer et mieux comprendre le sujet de la migration, nous avons eu l’intervention du Père Avelino CHICO, sj responsable de la Section Ecoute et Dialogue, Dicastère pour le développement humain intégral basé à Rome. Père Avelino CHICO, nous a rappelé le discours du Pape François prononcé lors de sa visite à Marseille le 22 septembre 2023 et ainsi sa crainte exprimée de voir se transformer « la Méditerranée, berceau de la civilisation, en tombeau de la dignité ».

Le pape a rappelé aussi que les migrants qui « risquent leur vie en mer » pour gagner l’Europe « n’envahissent pas, ils cherchent hospitalité » et ils « ne doivent pas être considérés comme un fardeau à porter »,

Paragraphe : 2- le port de Marseille – Le concile Vatican II 

Pendent cette journée d’échange, il y a eu des questions – réponses et des témoignages de l’auditoire. Les phrases qui m’avaient particulièrement interpelé et marqué telles que :

La frontière ? Du point de vue administratif, c’est la ligne qui limite un territoire ou une séparation des états : nous ne pouvons pas passer la frontière si nous ne détenons pas l’autorisation (les papiers) de l’administration du pays, ce sont des droits territoires internationaux.

En tant que chrétien et être humain « La question qui se pose pour nous :   peut-on emprunter cette frontière afin de fraterniser avec nos semblables ? Peut-être devrions-nous établir nos propres frontières en tant qu’être humain et chrétien ?

Quelle est la différence entre un migrant et réfugié ? rappelée par un des intervenants, à savoir que le migrant ou réfugié c’est une personne, il a un nom, un visage et de l’humanité.

En lien avec « Le projet de partir » : Camille SCHMOLL a souligné que chaque migrant ou réfugié a toujours un projet lorsqu’il décide de partir ou rester.

Les paroles du Pape : Les personnes cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, retrouver la liberté. N’est-ce pas le désir de chacun d’améliorer ses conditions de vie et d’obtenir un bien-être honnête et légitime ?

Intégration : Une question a été posée au Père Avelino sur le sujetintégration et assimilation. Il a répondu et expliqué qu’en tant que chrétien sur le sens de l’intégration : « avec le verbe promouvoir, laisser un peut le mien et le tien pour arriver ensemble ‘nous’. Toi + moi = Nous »

La Fraternité : Le Père Avellino a rappelé que La Fraternité, c’est le cœur de notre Foi chrétienne. La Fraternité c’est aussi d’aller à la rencontre de la différence de l’autre.

Différents témoignages au sein de l’auditoire ont montré qu’il y existait sur le sujet de l’accueil des migrants, des désaccords parmi les paroissiens. L’un des participants s’est exprimé « Lorsqu’on est engagé dans l’action venant en aide, nous devrions laisser notre opinion politique de côté, c’est tout simplement l’humanisme qui prime, que nous sommes croyants ou pas et particulièrement en tant que chrétien.

La Résilience : Une question s’est posée, comment faire pour pérenniser les actions humanitaires ? Réponse de Fabienne LASSALLE, « c’est avec la résilience que nous pouvons continuer à mener nos actions aide humanitaire ».

Je voudrais compléter cette question : « Chrétien, avons-nous de la résilience pour suivre le chemin du Christ ? »

Ce fut une journée enrichissante tant sur le plan personnel et que sur les informations échangées sur les conditions d’aides au migrant.

Tsav Yis THOJ

Cérémonie pour donner un prénom Hmong en l’honneur du Prêtre accompagnateur de l’Aumônerie Hmong de France Jean-Paul HAVARD

Le 9 mars 2024.

Une date à jamais gravée dans la mémoire des Hmong catholiques de France, rendant témoins tous les participants de cette journée.

« J’ai gravé ton nom dans la paume de ma main » Isaie 49: 16

C’est le thème de cette rencontre à Baule dans le Loiret pour donner un prénom hmong à père Jean-Paul Havard, notre prêtre accompagnateur de l’aumônerie Hmong de France.

Nous avions espéré une météo propice à la joie pour fêter cet évènement en son honneur. Au lieu de cela, nous avions eu un temps pluvieux ; ne serait-ce pas le Seigneur qui donne une pluie de bénédictions pour nous tous venus des quatre coins de France ?

Un signe du Ciel visible par un arc-en-ciel nous rappelant l’alliance que Dieu a faite avec Noé et l’humanité après les quarante jours de déluge. C’est le signe de la Paix que Dieu envoie pour père Jean-Paul et pour tous les Hmong.

A la suite des Pères Patriarches OMI missionnaires au Laos qui étaient le père Yves Bertrais / txiv plig Nyiaj Pov, le père René Charrier / txiv plig Neej Vaj, le père Daniel Taillez/ txiv plig Txhiaj Foom … Sur Orléans, il y a le père François Roulleau / txiv plig Tshaj Yeej et maintenant le père Jean-Paul Havard qui reçoit selon la coutume le prénom Paj Lug qui signifie «proverbe», «parole de fleurs». C’est aussi la transcription du prénom «Paul», nous rappelant l’Apôtre Paul.

Une belle messe animée par des jeunes Hmong, accompagnés par des animateurs des communautés hmong. Les voix de la chorale de Saint Jean Bosco « l’église des peuples du monde » étaient venues soutenir nos jeunes. Merci à eux de nous avoir fait chanter, vivre et découvrir quelques chants qui se trouvent dans le nouveau livret.

Des ateliers autour de la broderie, du jardinage et de l’écriture pour approfondir sa foi et découvrir le peuple hmong. Chaque atelier proposait de poser un geste pour bien signifier notre communion fraternelle : inviter les intéressés à pouvoir broder leur prénom en point de croix, semer des graines dans des godets de terre et écrire un mot ou une prière pour être portés en procession lors de la Messe à l’église Saint Aignan de Baule du groupement paroissial de Beaugency / Meung-sur-Loire, que nous remercions de nous avoir ouvert les portes.

Nous n’oublions pas le diacre Jean-Marie Dubernet et son épouse Christiane qui accompagnent entre autre la communauté Hmong d’Orléans au niveau de la Pastorale des Migrants. Merci à Annie Josse, coordinatrice des aumôneries au Service National Missions et Migrations de soutenir l’aumônerie Hmong par sa présence.

A vous tous qui avaient contribué à votre manière pour que ce jour ait eu lieu, MERCI !!!!

Il ne tient qu’à chacun de nous de continuer d’écrire l’histoire de notre peuple à travers l’évangélisation et la transmission de nos traditions pour que notre identité hmong ne se perde dans les méandres de la vie.

                       Joanne YANG / niam Ntsuab Xwm YAJ

Dans un coin de la salle à l’angle près d’une vitre, étaient exposés des vêtements traditionnels, des sacs, des chapeaux et autres objets tels que des papillons, une croix, des boîtes de mouchoir. Le point commun des ces objets est qu’ils sont faits main et brodés au point de croix. Ce festival de couleurs, cette finesse des broderies et la richesse des motifs ne peuvent que nous émerveiller.

Cette exposition était bien plus qu’une simple présentation d’objets artisanaux. C’était un hommage à notre culture et notre identité.

L’objectif de cet atelier était de partager ses idées et son savoir-faire autour d’un art : la broderie.

La broderie est un art qui se transmet de mère en fille depuis la nuit des temps chez les Hmong.

En préparant cet atelier, j’ai fait des découvertes intéressantes voire surprenantes sur l’histoire et l’importance de la broderie.

Avant le 20ème siècle, les Hmong n’avaient aucune forme d’écriture. A la place, ils communiquaient des idées et des récits à l’aide de morceaux de tissus ou de symboles brodés tels des hiéroglyphes.

Dans les camps de Thaïlande, les femmes brodaient les petits personnages sur les toiles qu’on aperçoit souvent sur les marchés hmong. Il faut savoir que les hommes les aidaient en brodant ! Ces toiles représentent des scènes de la vie quotidienne au Laos ou en Thaïlande et témoignent de notre passé.

La broderie manuelle demande patience, persévérance et beaucoup de temps.

Ce savoir ancestral est amené à disparaître à cause de la mécanisation et le manque de temps.

Aujourd’hui, la broderie revient à la mode sous une autre forme, de nouveaux supports et motifs dans l’air du temps.

A la fin de l’atelier, chaque femme était invitée à s’initier au point de croix.

Les mamans hmong présentes ont pu les aider. Qu’elles soient débutantes ou amatrices, toutes ont brodé dans une ambiance conviviale leur prénom, une fleur ou un cœur.

En fin de compte, la broderie est bien plus qu’une simple activité artisanale, c’est un moyen de créer du lien, de partager des émotions et de vivre des moments de joie et de complicité.

Et lorsque cette activité est partagée dans un esprit de communion avec le Christ, elle devient encore plus significative et enrichissante.

Les plus belles rencontres sont celles qu’on brode.

La main qui brode….

La parabole de la graine de moutarde, enseignée par Jésus, trouve une résonance particulière dans l’acte de semer et de cultiver. Une petite graine, presque insignifiante au départ, peut grandir pour devenir un arbuste robuste, offrant un abri aux oiseaux du ciel. De la même manière, notre humble effort de semer les graines du bonheur à travers le jardinage peut avoir des résultats étonnants. Cela reflète le pouvoir de la croissance, de la transformation et de l’abondance qui réside dans chaque petit acte que nous entreprenons.

Je dois admettre que je n’ai pas la main verte et que le jardinage n’est pas mon point fort. Cependant, en préparant cet atelier, cette expérience m’a réellement inspiré à vouloir embellir mon espace extérieur avec des fleurs, des arbres fruitiers et des légumes. C’est comme si je réalisais que même si je ne suis pas une experte en la matière, je peux quand même contribuer à créer quelque chose de beau et de nourrissant pour moi-même et pour les autres.

En tant que parent et animatrice en aumônerie, j’aspire à semer de petites graines d’enseignement et d’inspiration auprès de mes enfants et des jeunes avec qui je travaille, en espérant qu’elles germeront et grandiront en des êtres humains épanouis, comme de grands arbres fournissant de l’ombre et des fruits à ceux qui les entourent.

Le jardinage devient alors bien plus qu’une simple activité pour moi. C’est une expérience profondément enrichissante qui me relie intimement à la nature et aux gens qui m’entourent. 

Cette leçon m’aura ouvert les yeux sur le potentiel de croissance qui réside dans les petites choses, que ce soit dans le jardin ou dans la vie. C’est une invitation à embrasser chaque petite graine d’espoir, de sagesse ou d’amour que nous semons, car elles ont le pouvoir de transformer nos vies et celles des autres, tout comme une petite graine peut devenir un grand arbre.

Martine CHA 

La main qui sème…

Autrefois, les communautés et familles Hmong vivaient dans de nombreux villages, situés dans les hauts plateaux au LAOS.

Certaines familles avaient réussi à se rejoindre et à vivre dans le même village mais pour d’autres cela n’a pas été possible. Les bonnes ou mauvaises nouvelles n’étaient donc pas simples à transmettre à ses proches. Il y avait également un Chef désigné dans chaque village, si une demande devait se faire, les familles pouvaient lui demander des conseils ou un service afin que celui-ci trouve un messager pour aller transmettre les messages au village voisin.

Les Hmong n’avaient pas d’écriture ni aucun moyen de communication jusqu’à ce que le Père Yves Bertrais et deux protagonistes tels que William A. Smalley et le Pasteur Linwood G. Barney ne parviennent à se mettre d’accord sur l’écriture RPA qui fit apparaître l’écriture Hmong.

Père Yves Bertrais a longtemps vécu avec les Hmong afin d’écouter et comprendre la langue Hmong, il s’est inspiré du Latin en y ajoutant les tonalités pour créer notre écriture.

Dans son parcours, le Père Yves Bertrais a retranscrit de nombreux ouvrages tels que les rites funéraires, les chants traditionnels et traduit la Bible.

Pour ma part, j’ai eu la chance que ma mère ait pris le temps de nous apprendre la langue Hmong à mon jeune âge et pour rien je ne regrette ces heures d’apprentissage. Ayant vécu aux Etats-Unis une partie de ma vie, j’ai vu et entendu des jeunes Américains et Afro-Américains parler et écrire la langue Hmong alors que ce n’est pas leur langue maternelle. Ils chantaient même des chansons d’amour pendant le Nouvel An.

J’ai été très inspirée et en tant que Hmong  je me devais de faire cet effort pour approfondir  l’apprentissage de ma langue à l’écrit comme à l’oral et de la perpétuer à mes enfants.

Cette activité fût enrichissante et pleine d’échanges ; des personnes présentes à l’écoute et intéressées par ce que je leur ai partagé à travers les images et surtout par le témoignage du Père Antoine YANG et de Paul Cho YANG (ancien coordinateur de l’Aumônerie Hmong de France) sur le fabuleux travail de l’écriture Hmong par père Yves Bertrais.

Cette écriture a changé la vie de tous les Hmong. Elle nous permet de communiquer à travers le monde et à travers nos cœurs. C’est un outil et bien plus, un art qui permet d’ouvrir vers d’autres horizons. Parler pour être témoin de Jésus. L’écriture habille une personne, un peuple mais surtout l’écriture c’est notre identité.

La main qui écrit…

« J’ai gravé ton nom dans la paume de ma main » (Esaïe 49 :16)

Jean-Paul HAVARD reçoit le prénom en langue Hmong : PAJ LUG

En choisissant de réunir la Communauté Hmong de France pour le baptême dans la tradition Hmong, en lui donnant un prénom Hmong, vous avez permis en même temps de partager et d’ouvrir encore plus votre communauté au monde.

Oui le monde, ce sont toutes ces personnes non-Hmong qui sont venues pour être les témoins ou les parrains et marraines du Père Paj Lug, devant celui qui nous rassemble tous, le Christ.

Joanne, Martine, Stélina, Cécile, je suis fière de vous et je vous remercie pour la journée en l’honneur du Père Paj Lug, le prêtre accompagnateur de l’Aumônerie National de la communauté Hmong en France.

En l’espace d’un an de mandat, vous avez appris à vous connaître, à travailler ensemble. Vous avez décidé de parler d’une même voix, la voix de la sagesse. Ce qui est merveilleux, vous avez par-dessus tout, mis JESUS au centre de toutes vos activités et tous vos projets car c’est Lui votre guide.

Vous œuvrez pour le bien de votre communauté et les actions que vous menez traversent les frontières, à l’exemple de la prière du Notre Père en Hmong qui à jamais, est gravé sur les murs en Terre Sainte.

Vous êtes en train d’écrire l’histoire de votre communauté, des femmes formant le bureau d’une aumônerie nationale. Vous êtes des pionnières dans le genre, et vous le faites remarquablement bien.

Joanne, en succédant à Monsieur Paul Cho Yang, il n’y a pas eu de rupture dans la mission qui est celle d’un Coordinateur d’une aumônerie nationale, il y a une continuité, avec en plus une nouvelle vision plus large, celle d’aller à la rencontre des jeunes, de leur donner et de les laisser prendre la place qui est la leur dans la communauté.

C’est un grand chantier qui s’ouvre devant toi et ton bureau. Mes prières et celles de l’Aumônerie Nationale africaine vous accompagnent et vous avez notre soutien.

« Elargis ton regard jusqu’au pays de l’autre » c’était le thème de la JMMRR de 2007. En ouvrant la communauté Hmong au monde, vous invitez le monde à vous écouter, à apprendre à vous connaître afin de mieux vous comprendre.

Je remercie les deux conseillers qui font partie de votre bureau : Yi THOR et Khoua Xa THOR,
ils vous ont bien secondés.

Je remercie les jeunes qui ont animé la belle messe d’action de grâce.

Tout a été fait pour que les participants à cet événement se sentent bien. Nous étions aux petits soins.

Les ateliers : Ecriture, Broderie et Jardinerie ont été une réussite, belle initiative !

J’ai ressenti la joie, l’amour, l’amitié la générosité et beaucoup d’humilité chez tous les intervenants : que ce soit chez les petites filles avec des chorégraphies à l’église comme à la salle de fête, les jeunes filles et les garçons dans leur rôle d’hôtesse et de barman.

Je remercie toutes les mains qui ont préparé le repas, la décoration de la salle. Les mamans et les grands-mères qui ont apporté leur expérience et leur savoir-faire. Elles ont été actives à toutes les étapes de la préparation de cette fête. La transmission est faite !

Parmi les invités, il y avait bien sûr les responsables régionaux des communautés Hmong, des prêtres venus entourer leur confrère, la famille du Père PAJ LUG, des membres des communautés Africaine, Laotienne et Portugaise, le délégué à la Pastorale des Migrants du diocèse d’Orléans le Diacre Jean-Marie DUBERNET et son épouse Christiane, et Madame Annie JOSSE, la Coordinatrice des aumôneries nationales de la Migration.

Je n’oublie pas les beaux costumes traditionnels, Père PAJ LUG a eu le bonheur d’être revêtu d’un joli costume traditionnel Hmong suivi de la cérémonie du rite du Khi tes.

Nous avons vécu un bon moment d’Eglise, dans une communion fraternelle.

Merci Seigneur ! Tu as permis que je vive ce moment.

Merci à Madame Joanne YANG, Coordinatrice de l’Aumônerie Nationale de la Communauté Hmong de France et à toute son équipe.

Pour l’Aumônerie Nationale des Communautés Catholiques Africaines en France : Jacqueline ATEBA

L’événement était grandiose. J’ai admiré la manière dont vous l’avez préparé, en rassemblant les membres de votre immense famille éparpillés dans toute la France.  Je veux parler de la famille hmong. Sans oublier vos amis d’autres nationalités. Merci de m’avoir fait découvrir cet univers et certaines de vos traditions, semblables à celles du Sud Cameroun. Je pense surtout à la cérémonie où la famille du candidat à une nouvelle appellation devait implorer les patriarches de l’autre camp pour que leur « enfant » accède au nom qui change son statut.

Il est vrai, j’étais à l’atelier écriture. Mais j’avoue que ce n’est pas à cela que je m’attendais.

Je n’avais donc aucune préparation linguistique ni psychologique quand je me suis inscrite à l’atelier écriture. Cependant, en tant qu’ethnolinguistique, tout en écoutant les explications qui nous étaient données, je me suis surtout intéressée à l’histoire de la création de cette écriture. Pendant « cette séance d’écriture », la déformation professionnelle m’a davantage amenée à tenter un rapprochement entre ce que j’entendais et ce que je sais de ma langue maternelle, de son accession à l’écriture. J’ai beaucoup travaillé sur ce domaine-là. Et comme dans toutes les sociétés non occidentales, les missionnaires venus du continent européen et du continent américain sont ceux qui se sont intéressés à l’instauration de l’écriture de nos langues dans nos sociétés.

Il est vrai que chez nous (les Fang, les Boulou et les Beti du Sud Cameroun, de la Guinée équatoriale, du nord du Congo et du nord du Gabon), j’ai envie de dire de toute l’Afrique centrale, ce sont les missionnaires qui se sont occupés de cet aspect de la culture. C’est ainsi que je me suis aperçue que, comme chez nous où l’écriture existe depuis le début du XXe siècle, la vôtre reposait sur les mêmes principes scripturaires que la nôtre. Je parle des lettres latines.

Les différences sont nombreuses cependant. S’il est vrai que votre langue est à tons, comme celles de l’Afrique centrale que je viens d’évoquer, toute la différence repose sur la manière de marquer ces tons. En effet vous savez conserver beaucoup plus de tons que chez moi. Nous n’avons finalement retenu que trois (sur les voyelles) dont le ton haut, moyen et bas. Et si j’ai bien compris vous avez plus de sept tons.

J’ai également compris que l’arrivée de l’écriture chez vous a permis une transformation sociale et sociétale évidente. Si la complexité des lettres est patente, la volonté d’éviter des confusions la prononciation, donc dans le sens des mots qu’on utilise, rend compte de l’habilité du prêtre. Il s’est servi de la diction des autochtones avec lesquels il a donné à la culture un nouvel atout de diffusion. Ce passage de l’oralité à la fixation du message inscrit la langue dans l’éternité.

À l’instar de chez vous, notre alphabet compte des consonnes doubles, triples, quadruples, associationqu’on ne trouve pas dans les langues européennes, comme pour préciser que les langues trouvent leur « corps », leur « esprit », leur unicité et leur efficacité dans l’expression de chaque communauté humaine.Cela m’a aidée à mieux comprendre l’intitulé de cette dénomination attribuéeà une école d’étude et d’apprentissage des langues non européennes qu’on appelle INALCO, Institut National des langues et civilisations orientales.

Ce n’est pas vraiment l’apprentissage de la langue qui m’a « happée » ce jour-là, c’est surtout la manière dont naît l’écriture d’une langue, à quoi elle sert dans la société hmong comme dans n’importe laquelle, ce qu’elle traduit et véhicule dans cette société, comment est-ce qu’elle forme et transforme les humains et comment ces humains, à leur tour, la bâtissent et l’enrichissent.

Je me suis rendue compte à quel point les membres de la communauté aiment leur langue, comment ils se la sont appropriée. J’ai constaté avec quelle force et quel amour ils en ont fait la fierté de tout le peuple. Avec cet amour, cette vigueur, cette fierté, cette langue ne disparaîtra jamais puisqu’elle a désormais une écriture.

Marie-Rose Abomo-Mvondo/Maurin

Chers tous, nyob zoo.

Avec vous, mon coeur est plein. Dans nos mains ouvertes nous pourrions écrire ce soir des centaines de prénoms que nous avons prononcés le plus souvent avec joie, mais parfois avec tristesse ou inquiétude. J’ai grandi en Bretagne sous son beau ciel gris… le soleil et la pluie. J’ai aussi connu la vie en ville, les HLM et les pigeons sur les balcons.

J’ai presque 65 ans. Autrefois, j’allais toujours de l’avant avec l’envie de plein de choses à découvrir ou à réaliser. Puis, j’ai traversé plusieurs années de repli sur moi-même.  A présent que j’ai refait surface, je préfère me situer en retrait. Me mettre, si possible, à l’écoute les uns des autres et en soutien des plus jeunes. Heureusement, j’ai été embarqué dans des équipes : l’équipe missionnaire en Creuse, l’équipe responsable de l’aumônerie hmong, l’équipe d’aide à domicile où j’ai été embauché au début de cette année. Sans ces équipes, je tournerais en rond.

Etre au milieu de vous maintenant me confirme dans un nouveau départ. J’ai conscience du grand héritage qui nous a été transmis. Celui de l’Evangile. Parmi les noms qui nous sont chers, il y a bien sûr ceux de mes grands frères prêtres : Neej Vaj, Nyiaj Pov, Txhiaj Foom , Cwj Vuam Chiv, Tshaj Yeej. J’écrirais aussi ceux de femmes et d’hommes dont vous m’avez parlé avec de la lumière dans les yeux : des catéchistes, des religieuses. La fraternité des envoyés qui écoutent est communion des saints. L’Evangile de Jésus qu’il vous a annoncé, j’apprends à le connaître, à le recevoir. Vous le vivez, vous l’enracinez dans le jardin de votre culture métissée, hmong et française. Pensez-vous    que vous avez de la chance d’être chrétien, chrétienne ? Si vous le croyez et que vous pouvez le dire en toute simplicité, c’est que vous l’êtes vraiment.

Recevoir ce deuxième prénom est une nouvelle naissance, un nouveau fil de trame de ma vie.

« Viens Esprit Saint, emplis le coeur de tes fidèles. ». Depuis le pèlerinage de l’aumônerie à Rome en 2019, c’est aussi avec cette prière que je vous accompagne et que vous m’accompagnez.

Viens Esprit Saint, emplis le coeur de tes fidèles. Allume en eux le feu de ton amour. Envoie ton Esprit, Seigneur, et tout sera créé : la face de la terre sera renouvelée.

Dieu qui ouvre le coeur de tes fidèles à la lumière de ton Esprit Saint, donne-nous de rechercher ce qui est juste et droit, et de toujours recevoir sa consolation. Par le Christ notre Seigneur. Amen »

Je regarde les fils attachés à mes poignets. Ils me disent : « Tu t’appelles Paj Lug ». Je reste encore étonné de ce qui m’est arrivé il y a 10 jours,  à Baule. L’arrivée des invités, les groupes qui écoutaient pendant les activités, la messe, la cérémonie Khi Tes, le repas et la veillée, le partage du dimanche matin. Je ne suis pas encore complètement revenu d’avoir été plongé  dans ce rassemblement, au milieu de tous ces visages  et toutes ces paroles d’amitié que je ne pourrais compter. Ces liens à mes poignets c’est comme être tenu par une grande confiance.  Attachés un à un, chaque lien une personne. Ils me font un bracelet à chaque main. Deux bracelets que je ne peux pas couper, comme s’ils faisaient partie de moi. Je m’habille, je suis à la cuisine, je prends la voiture, je travaille, je me lave les mains, j’allume l’ordinateur, je parle avec mon voisin, je m’endors…  visibles ou sous mes manches, ils sont là tout près de la paume de mes mains. Jamais je n’avais fait une telle expérience, à la fois sensible et intérieure , de la présence des autres. En écrivant ces lignes  mon étonnement grandi encore, dans cette révélation des liens du coeur.

            Mes bracelets me portent à prendre la vie à bras le corps et me retiennent de mon penchant au repli sur moi-même.  Dans ma vie qui n’est pas toujours ajustée à ce qui serait bien,  je mets en place des petits changements.

            Pourrais-je me dire un jour à moi-même: « je suis hmong » ? Là aussi je suis étonné que pour beaucoup d’entre vous, désormais je le suis. Ce que je sais c’est que – si je le veux bien – nos vies resteront liées. Cela me demande d’approfondir mes relations avec vous, d’être à l’école de vos façons de vivre et de penser, de m’en remettre à l’Esprit Saint qui nous éclaire et qui nous guide.          Pour le moment je regarde avec bonheur les photos avec les noms recueillis sur les listes des invités et participants. J’admire les broderies qui m’ont été offertes.

            Je veux dire merci en particulier aux jeunes qui ont mis du leur pour que la fête soit belle par leur contribution à l’accueil et au service, la danse, le chant. Grâce à eux la joie était encore plus vivante. Il y avait aussi parmi nous les grands mères et les grands pères. Ils sont veilleurs pour la vie  du peuple hmong et des familles qui font leur chemin.  Les paroles et les regards qu’ils m’ont adressées sont pour moi une bénédiction.

            Merci aux artisanes, aux artisans de cette fête. Merci à toutes et à tous.

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur — Année B Solennité

Voici les lectures de ce dimanche 24 Mars 2024 proposées par le site AELF.ORG

PROCESSION DES RAMEAUX

ÉVANGILE

« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mc 11, 1-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Lorsqu’ils approchent de Jérusalem,
vers Bethphagé et Béthanie,
près du mont des Oliviers,
Jésus envoie deux de ses disciples
              et leur dit :
« Allez au village qui est en face de vous.
Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché,
sur lequel personne ne s’est encore assis.
Détachez-le et amenez-le.
                   Si l’on vous dit :
‘Que faites-vous là ?’,
répondez :
‘Le Seigneur en a besoin,
mais il vous le renverra aussitôt.’ »
          Ils partirent,
trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte,
dehors, dans la rue,
et ils le détachèrent.
Des gens qui se trouvaient là leur demandaient :
« Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? »
          Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit,
et on les laissa faire.
          Ils amenèrent le petit âne à Jésus,
le couvrirent de leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus.
          Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin,
d’autres, des feuillages coupés dans les champs.
          Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient :
« Hosanna !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
                   Béni soit le Règne qui vient,
celui de David, notre père.
Hosanna au plus haut des cieux ! »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

MESSE DE LA PASSION

PREMIÈRE LECTURE

« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
          Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
          J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
          Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.

          – Parole du Seigneur.

PSAUME

(21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)

R/ Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ?
 (21, 2a)

Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

DEUXIÈME LECTURE

« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.

Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.

Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,

afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,

et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Mc 15, 1-39)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Marc

L. Dès le matin,
les grands prêtres convoquèrent les anciens et les scribes,
et tout le Conseil suprême.
Puis, après avoir ligoté Jésus,
ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
          Celui-ci l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus répondit :
X  « C’est toi-même qui le dis. »
          L. Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
          Pilate lui demanda à nouveau :
A. « Tu ne réponds rien ?
Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. »
          L. Mais Jésus ne répondit plus rien,
si bien que Pilate fut étonné.
          À chaque fête,
il leur relâchait un prisonnier,
celui qu’ils demandaient.
          Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas,
arrêté avec des émeutiers
pour un meurtre qu’ils avaient commis lors de l’émeute.
          La foule monta donc chez Pilate, et se mit à demander
ce qu’il leur accordait d’habitude.
          Pilate leur répondit :
A. « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
          L. Il se rendait bien compte
que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
          Ces derniers soulevèrent la foule
pour qu’il leur relâche plutôt Barabbas.
              Et comme Pilate reprenait :
A. « Que voulez-vous donc que je fasse de celui
que vous appelez le roi des Juifs ? »,
          L. de nouveau ils crièrent :
F. « Crucifie-le ! »
          L. Pilate leur disait :
A. « Qu’a-t-il donc fait de mal ? »
L. Mais ils crièrent encore plus fort :
F. « Crucifie-le ! »
          L. Pilate, voulant contenter la foule,
relâcha Barabbas
et, après avoir fait flageller Jésus,
il le livra pour qu’il soit crucifié.

          Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais,
c’est-à-dire dans le Prétoire.
Alors ils rassemblent toute la garde,
          ils le revêtent de pourpre,
et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée.
          Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
          L. Ils lui frappaient la tête avec un roseau,
crachaient sur lui,
et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.
          Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau de pourpre,
et lui remirent ses vêtements.

Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier,
          et ils réquisitionnent, pour porter sa croix,
un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus,
qui revenait des champs.
          Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha,
ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire).
          Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ;
mais il n’en prit pas.
          Alors ils le crucifient,
puis se partagent ses vêtements,
en tirant au sort pour savoir la part de chacun.
          C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin)
lorsqu’on le crucifia.
          L’inscription indiquant le motif de sa condamnation
portait ces mots :
« Le roi des Juifs ».
          Avec lui ils crucifient deux bandits,
l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.
          Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;  ils disaient :
F. « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
                        sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »
          L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes,
en disant entre eux :
A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
                        Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ;
alors nous verrons et nous croirons. »
L. Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.

          Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure. 
          Et à la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X  « Éloï, Éloï, lema sabactani ? »,
L. ce qui se traduit :
X  « Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ? » 
          L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! »
          L. L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée,
il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire,
en disant :
A. « Attendez ! Nous verrons bien
si Élie vient le descendre de là ! »
          L. Mais Jésus, poussant un grand cri,
expira.


(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

          Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas.
          Le centurion qui était là en face de Jésus,
voyant comment il avait expiré, déclara :
A. « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

5ème Dimanche de Carême (semaine I du Psautier) — Année B

Voici les lectures de ce dimanche 17 Mars 2024 proposées par le site AELF.ORG

PREMIÈRE LECTURE

« Je conclurai une alliance nouvelle et je ne me rappellerai plus leurs péchés » (Jr 31, 31-34)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Voici venir des jours – oracle du Seigneur –,
où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda
une alliance nouvelle.
Ce ne sera pas comme l’alliance
que j’ai conclue avec leurs pères,
le jour où je les ai pris par la main
pour les faire sortir du pays d’Égypte :
mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue,
alors que moi, j’étais leur maître
– oracle du Seigneur.

Mais voici quelle sera l’alliance
que je conclurai avec la maison d’Israël
quand ces jours-là seront passés
– oracle du Seigneur.
Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ;
je l’inscrirai sur leur cœur.
Je serai leur Dieu,
et ils seront mon peuple.
Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon,
ni chacun son frère en disant :
« Apprends à connaître le Seigneur ! »
Car tous me connaîtront,
des plus petits jusqu’aux plus grands
– oracle du Seigneur.
Je pardonnerai leurs fautes,
je ne me rappellerai plus leurs péchés.

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(50 (51), 3-4, 12-13, 14-15)

R/ Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. (50, 12a)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

DEUXIÈME LECTURE

« Il a appris l’obéissance et est devenu la cause du salut éternel » (He 5, 7-9)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ,
pendant les jours de sa vie dans la chair,
offrit, avec un grand cri et dans les larmes,
des prières et des supplications
à Dieu qui pouvait le sauver de la mort,
et il fut exaucé
en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils,
il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection,
il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent
la cause du salut éternel.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 20-33)

Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.

Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive,
dit le Seigneur ;
et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur.
Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.
 (Jn 12, 26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe,
qui était de Bethsaïde en Galilée,
et lui firent cette demande :
« Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André,
et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare :
« L’heure est venue où le Fils de l’homme
doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée.
Que vais-je dire ?
“Père, sauve-moi
de cette heure” ?
– Mais non ! C’est pour cela
que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! »
Alors, du ciel vint une voix qui disait :
« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là
disait que c’était un coup de tonnerre.
D’autres disaient :
« C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit :
« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,
mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;
maintenant le prince de ce monde
va être jeté dehors ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

– Acclamons la Parole de Dieu.

4ème Dimanche de Carême, de Lætare (semaine IV du Psautier) — Année B

Voici les lectures de ce dimanche 10 Mars 2024 proposées par le site AELF.ORG

PREMIÈRE LECTURE

La colère et la miséricorde du Seigneur manifestées par l’exil et la délivrance du peuple (2 Ch 36, 14-16.19-23)

Lecture du deuxième livre des Chroniques

En ces jours-là,
tous les chefs des prêtres et du peuple
multipliaient les infidélités,
en imitant toutes les abominations des nations païennes,
et ils profanaient la Maison
que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem.
Le Seigneur, le Dieu de leurs pères,
sans attendre et sans se lasser,
leur envoyait des messagers,
car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure.
Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu,
méprisaient ses paroles,
et se moquaient de ses prophètes ;
finalement, il n’y eut plus de remède
à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple.
Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu,
détruisirent le rempart de Jérusalem,
incendièrent tous ses palais,
et réduisirent à rien tous leurs objets précieux.
Nabucodonosor déporta à Babylone
ceux qui avaient échappé au massacre ;
ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils
jusqu’au temps de la domination des Perses.
Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur
proclamée par Jérémie :
La terre sera dévastée et elle se reposera
durant 70 ans,
jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos
tous les sabbats profanés.

Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse,
pour que soit accomplie la parole du Seigneur
proclamée par Jérémie,
le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse.
Et celui-ci fit publier dans tout son royaume
– et même consigner par écrit – :
« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse :
Le Seigneur, le Dieu du ciel,
m’a donné tous les royaumes de la terre ;
et il m’a chargé de lui bâtir une maison
à Jérusalem, en Juda.
Quiconque parmi vous fait partie de son peuple,
que le Seigneur son Dieu soit avec lui,
et qu’il monte à Jérusalem ! »

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6)

R/ Que ma langue s’attache à mon palais
si je perds ton souvenir !
 (cf. 136, 6a)

Au bord des fleuves de Babylone
    nous étions assis et nous pleurions,
nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours
nous avions pendu nos harpes.

C’est là que nos vainqueurs
    nous demandèrent des chansons,
et nos bourreaux, des airs joyeux :
« Chantez-nous, disaient-ils,
quelque chant de Sion. »

Comment chanterions-nous un chant du Seigneur
sur une terre étrangère ?
Si je t’oublie, Jérusalem,
que ma main droite m’oublie !

Je veux que ma langue s’attache à mon palais
si je perds ton souvenir,
si je n’élève Jérusalem
au sommet de ma joie.

DEUXIÈME LECTURE

« Morts par suite des fautes, c’est bien par grâce que vous êtes sauvés » (Ep 2, 4-10)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
Dieu est riche en miséricorde ;
à cause du grand amour dont il nous a aimés,
nous qui étions des morts par suite de nos fautes,
il nous a donné la vie avec le Christ :
c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.
Avec lui, il nous a ressuscités
et il nous a fait siéger aux cieux,
dans le Christ Jésus.
Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs,
la richesse surabondante de sa grâce,
par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.
C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,
et par le moyen de la foi.
Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.
C’est Dieu qui nous a faits,
il nous a créés dans le Christ Jésus,
en vue de la réalisation d’œuvres bonnes
qu’il a préparées d’avance
pour que nous les pratiquions.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 14-21)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !  
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.
Car Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement,
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici :
la lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,
parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière :
il ne vient pas à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,
pour qu’il soit manifeste
que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

3ème Dimanche de Carême (semaine III du Psautier) — Année B

Voici les lectures de ce dimanche 3 Mars 2024 proposées par le site AELF.ORG

PREMIÈRE LECTURE

La Loi fut donnée par Moïse (Ex 20, 1-17)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, sur le Sinaï,
Dieu prononça toutes les paroles que voici :
« Je suis le Seigneur ton Dieu,
qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte,
de la maison d’esclavage.
Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.
Tu ne feras aucune idole,
aucune image de ce qui est là-haut
dans les cieux,
ou en bas sur la terre,
ou dans les eaux par-dessous la terre.
Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux,
pour leur rendre un culte.
Car moi, le Seigneur ton Dieu,
je suis un Dieu jaloux :
chez ceux qui me haïssent,
je punis la faute des pères sur les fils,
jusqu’à la troisième et la quatrième génération ;
mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements,
je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération.
Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu,
car le Seigneur ne laissera pas impuni
celui qui invoque en vain son nom.

Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.
Pendant six jours tu travailleras
et tu feras tout ton ouvrage ;
mais le septième jour est le jour du repos,
sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu :
tu ne feras aucun ouvrage,
ni toi, ni ton fils, ni ta fille,
ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes,
ni l’immigré qui est dans ta ville.
Car en six jours le Seigneur a fait le ciel,
la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent,
mais il s’est reposé le septième jour.
C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat
et l’a sanctifié.

Honore ton père et ta mère,
afin d’avoir longue vie
sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
Tu ne commettras pas de meurtre.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne commettras pas de vol.
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ;
tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain,
ni son serviteur, ni sa servante,
ni son bœuf, ni son âne :
rien de ce qui lui appartient. »

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(18b (19), 8, 9, 10, 11)

R/ Seigneur, tu as les paroles
de la vie éternelle.
 (Jn 6, 68c)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

DEUXIÈME LECTURE

« Nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les hommes, mais pour ceux que Dieu appelle, il est sagesse de Dieu » (1 Co 1, 22-25)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
alors que les Juifs réclament des signes miraculeux,
et que les Grecs recherchent une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié,
scandale pour les Juifs,
folie pour les nations païennes.
Mais pour ceux que Dieu appelle,
qu’ils soient juifs ou grecs,
ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes,
et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 13-25)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.

Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. 
 (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Comme la Pâque juive était proche,
Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés
les marchands de bœufs, de brebis et de colombes,
et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes,
et les chassa tous du Temple,
ainsi que les brebis et les bœufs ;
il jeta par terre la monnaie des changeurs,
renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d’ici.
Cessez de faire de la maison de mon Père
une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :
L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent :
« Quel signe peux-tu
nous donner
pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent :
« Il a fallu quarante-six
ans pour bâtir ce sanctuaire,
et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,
ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ;
ils crurent à l’Écriture
et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque,
beaucoup crurent en son nom,
à la vue des signes qu’il accomplissait.
Jésus, lui, ne se fiait pas à eux,
parce qu’il les connaissait tous
et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ;
lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

– Acclamons la Parole de Dieu.

2ème Dimanche de Carême (semaine II du Psautier) — Année B

Voici les lectures de ce dimanche 25 Février 2024 proposées par le site AELF.ORG

PREMIÈRE LECTURE

Le sacrifice de notre père Abraham (Gn 22, 1-2.9-13.15-18)

Lecture du livre de la Genèse

En ces jours-là,
Dieu mit Abraham à l’épreuve.
Il lui dit :
« Abraham ! »
Celui-ci
répondit :
« Me voici ! »
Dieu dit :
« Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac,
va au pays de Moriah,
et là tu l’offriras en holocauste
sur la montagne que je t’indiquerai. »
Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué.
Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ;
puis il lia son fils Isaac
et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
Abraham étendit la main
et saisit le couteau pour immoler son fils.
Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit :
« Abraham ! Abraham ! »
Il répondit :
« Me voici ! »
L’ange lui dit :
« Ne porte pas la main sur le garçon !
Ne lui fais aucun mal !
Je sais maintenant que tu crains Dieu :
tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
Abraham leva les yeux et vit un bélier
retenu par les cornes dans un buisson.
Il alla prendre le bélier
et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham.
Il déclara :
« Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur :
parce que tu as fait cela,
parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
je te comblerai de bénédictions,
je rendrai ta descendance aussi nombreuse
que les étoiles du ciel
et que le sable au bord de la mer,
et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis.
Puisque tu as écouté ma voix,
toutes les nations de la terre
s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction
par le nom de ta descendance. »

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(115 (116b), 10.15, 16ac-17, 18-19)

R/ Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.
 (114, 9)

Je crois, et je parlerai,
moi qui ai beaucoup souffert.
Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?
Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple,
à l’entrée de la maison du Seigneur,
au milieu de Jérusalem !

DEUXIÈME LECTURE

« Dieu n’a pas épargné son propre Fils » (Rm 8, 31b-34)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
si Dieu est pour nous,
qui sera contre nous ?
Il n’a pas épargné son propre Fils,
mais il l’a livré pour nous tous :
comment pourrait-il, avec lui,
ne pas nous donner tout ?
Qui accusera ceux que Dieu a choisis ?
Dieu est celui qui rend juste :
alors, qui pourra condamner ?
Le Christ Jésus est mort ;
bien plus, il est ressuscité,
il est à la droite de Dieu,
il intercède pour nous.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.

De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
 (cf. Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle
que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse,
et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole
et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
De fait, Pierre ne savait que dire,
tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »
Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne,
et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».

– Acclamons la Parole de Dieu.

« À travers le désert Dieu nous guide vers la liberté  » : message du Pape pour le Carême 2024

Message du Saint-Père pour le Carême 2024 : À travers le désert Dieu nous guide vers la liberté ».

Chers frères et sœurs !

Lorsque notre Dieu se révèle, il communique la liberté : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage » (Ex 20, 2). C’est ainsi que s’ouvre le Décalogue donné à Moïse sur le mont Sinaï. Le peuple sait bien de quel exode Dieu parle : l’expérience de l’esclavage est encore gravée dans sa chair. Il reçoit les dix consignes dans le désert comme un chemin vers la liberté. Nous les appelons « commandements », pour souligner la force de l’amour avec lequel Dieu éduque son peuple. Il s’agit en effet d’un appel vigoureux à la liberté. Il ne se réduit pas à un seul événement, car il mûrit au cours d’un cheminement. De même qu’Israël dans le désert conserve encore en lui l’Égypte – en fait, il regrette souvent le passé et murmure contre le ciel et contre Moïse – de la même façon, aujourd’hui, le peuple de Dieu garde en lui des liens contraignants qu’il doit choisir d’abandonner. Nous nous en rendons compte lorsque nous manquons d’espérance et que nous errons dans la vie comme sur une lande désolée, sans terre promise vers laquelle tendre ensemble. Le Carême est le temps de la grâce durant lequel le désert redevient – comme l’annonce le prophète Osée – le lieu du premier amour (cf. Os 2, 16-17). Dieu éduque son peuple pour qu’il sorte de l’esclavage et expérimente le passage de la mort à la vie. Comme un époux, il nous ramène à lui et murmure à notre cœur des paroles d’amour.

L’exode de l’esclavage vers la liberté n’est pas un chemin abstrait. Pour que notre Carême soit aussi concret, la première démarche est de vouloir voir la réalité. Lorsque, dans le buisson ardent, le Seigneur attira Moïse et lui parla, il se révéla immédiatement comme un Dieu qui voit et surtout qui écoute : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel » (Ex 3, 7-8). Aujourd’hui encore, le cri de tant de frères et sœurs opprimés parvient au ciel. Posons-nous la question : est-ce qu’il nous parvient à nous aussi ? Nous ébranle-t-il ? Nous émeut-il ? De nombreux facteurs nous éloignent les uns des autres, en bafouant la fraternité qui, à l’origine, nous liait les uns aux autres.

Lors de mon voyage à Lampedusa, j’ai opposé à la mondialisation de l’indifférence deux questions de plus en plus actuelles : « Où es-tu ? » (Gn 3, 9) et « Où est ton frère ? » (Gn 4, 9). Le parcours de Carême sera concret si, en les écoutant à nouveau, nous reconnaissons que nous sommes encore sous la domination du Pharaon. Une domination qui nous épuise et nous rend insensibles. C’est un modèle de croissance qui nous divise et nous vole l’avenir. La terre, l’air et l’eau en sont pollués, mais les âmes sont elles aussi contaminées. En effet, bien que notre libération ait commencé avec le baptême, il subsiste en nous une inexplicable nostalgie de l’esclavage. C’est comme une attirance vers la sécurité du déjà vu, au détriment de la liberté.

 1er Dimanche de Carême (semaine I du Psautier) — Année B

Voici les lectures de ce dimanche 18 Février 2024 proposées par le site AELF.ORG

PREMIÈRE LECTURE

Alliance de Dieu avec Noé qui a échappé au déluge (Gn 9, 8-15)

Lecture du livre de la Genèse

Dieu dit à Noé et à ses fils :
« Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous,
avec votre descendance après vous,
et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous :
les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre,
tout ce qui est sorti de l’arche.
Oui, j’établis mon alliance avec vous :
aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge,
il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. »
Dieu dit encore :
« Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous,
et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous,
pour les générations à jamais :
je mets mon arc au milieu des nuages,
pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre.
Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre,
et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages,
je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous,
et tous les êtres vivants :
les eaux ne se changeront plus en déluge
pour détruire tout être de chair. »

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9)

R/ Tes chemins, Seigneur,
sont amour et vérité
pour qui garde ton alliance.
 (cf. 24, 10)

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

DEUXIÈME LECTURE

Le baptême vous sauve maintenant (1 P 3, 18-22)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
le Christ, lui aussi,
a souffert pour les péchés,
une seule fois,
lui, le juste, pour les injustes,
afin de vous introduire devant Dieu ;
il a été mis à mort dans la chair,
mais vivifié dans l’Esprit.
C’est en lui qu’il est parti proclamer son message
aux esprits qui étaient en captivité.
Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir,
au temps où se prolongeait la patience de Dieu,
quand Noé construisit l’arche,
dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes,
furent sauvées à travers l’eau.
C’était une figure du baptême
qui vous sauve maintenant :
le baptême ne purifie pas de souillures extérieures,
mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite
et il sauve par la résurrection de Jésus Christ,
lui qui est à la droite de Dieu,
après s’en être allé au ciel,
lui à qui sont soumis les anges,
ainsi que les Souverainetés et les Puissances.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient » (Mc 1, 12-15)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
 (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus venait d’être baptisé.
Aussitôt l’Esprit le pousse au désert
et, dans le désert,
il resta quarante jours,
tenté par Satan.
Il vivait parmi les bêtes sauvages,
et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

6ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine II du Psautier) — Année B

Voici les lectures de ce dimanche 11 Février 2024 proposées par le site AELF.ORG

PREMIÈRE LECTURE

Le lépreux habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp » (Lv 13, 1-2.45-46)

Lecture du livre des Lévites

Le Seigneur parla à Moïse et à son frère Aaron,
et leur dit :
« Quand un homme aura sur la peau
une tumeur, une inflammation ou une pustule,
qui soit une tache de lèpre,
on l’amènera au prêtre Aaron
ou à l’un des prêtres ses fils.
Le lépreux atteint d’une tache
portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre,
il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres,
et il criera : “Impur ! Impur !”
Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur.
C’est pourquoi il habitera à l’écart,
son habitation sera hors du camp. »

– Parole du Seigneur.

PSAUME

(31 (32), 1-2, 5ab, 5c.11)

R/ Tu es un refuge pour moi ;
de chants de délivrance, tu m’as entouré.
 
 (31, 7acd)

Heureux l’homme dont la faute est enlevée,
et le péché remis !
Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense,
dont l’esprit est sans fraude !

Je t’ai fait connaître ma faute,
je n’ai pas caché mes torts.
J’ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés. »

Toi, tu as enlevé l’offense de ma faute.
Que le Seigneur soit votre joie !
Exultez, hommes justes !
Hommes droits, chantez votre allégresse !

DEUXIÈME LECTURE

« Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ » (1 Co 10, 31 – 11, 1)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
tout ce que vous faites :
manger, boire, ou toute autre action,
faites-le pour la gloire de Dieu.
Ne soyez un obstacle pour personne,
ni pour les Juifs, ni pour les païens,
ni pour l’Église de Dieu.
Ainsi, moi-même, en toute circonstance,
je tâche de m’adapter à tout le monde,
sans chercher mon intérêt personnel,
mais celui de la multitude des hommes,
pour qu’ils soient sauvés.
Imitez-moi,
comme moi aussi j’imite le Christ.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« La lèpre le quitta et il fut purifié » (Mc 1, 40-45)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
un lépreux vint auprès de Jésus ;
il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta
et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre,
et donne pour ta purification
ce que Moïse a prescrit dans la Loi :
cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti,
cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle,
de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville,
mais restait à l’écart, dans des endroits déserts.
De partout cependant on venait à lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.