Ne fermez pas votre cœur

L’ Amour de Dieu veut s’inviter en vous

Labourant les recoins des mauvaises herbes

Pour que la terre retrouve son engrais sain.

L’ Amour veut travailler tout votre cœur

A reconnaitre son unique Seigneur

L’ Amour vous aide à délier le mauvais ici-bas

Et ouvrir vos oreilles à sa véritable voix.

Pour que votre âme resplendisse de Joie

Et de la Lumière du Juste tout là haut.

                    Joanne YANG

Témoignage de madame Yaj Txiaj Hawj

Propos recueillis par Joanne Yang

Traduction en français par Marie Siong (niam Tsav Thwj Xyooj)

Mes parents se prénomment Tooj Xeeb Tsab et Ntxhoo Yaj. Mon père a décidé que notre famille se convertisse à croire en Dieu en 1963 au Laos. Mes parents aimaient et valorisaient leurs fils et leurs filles de manière égale. Dès l’âge de neuf ans, j’ai été envoyée avec une sœur aînée et deux frères à suivre ma scolarité dans la ville de Luang Prabang au Laos. Nous les filles, vivions chez des religieuses italiennes, tandis que les garçons logeaient chez des prêtres italiens.

Je m’appelle Npliaj Tsab et je suis madame Txiaj Hawj Yaj, femme de catéchiste. Mon mari et moi nous sommes unis et avons commencé notre vie commune en 1969 dans la province de Sayaboury au Laos. Nous avons eu six enfants dont trois fils et trois filles ainsi que quatorze petits-enfants et deux arrière-petits-enfants. Nous avons partagé une union empreinte d’amour et de soutien mutuel pendant quarante-trois ans. Mon mari est décédé en novembre 2012 à Metz en France, nous laissant mes enfants et moi dans le deuil.

Le temps a passé, j’ai vieilli et j’ai envie de vous confier qu’être épouse de catéchiste, c’est devoir soutenir le ministère du mari, l’encourager à se consacrer à la proclamation de l’Évangile de Dieu auprès du peuple Hmong et à répondre aux besoins de l’assemblée et de la communauté, notamment en prenant soin des malades.

L’épouse d’un catéchiste doit donner le bon exemple en faisant preuve d’humilité, de patience et de grandeur d’âme, et en témoignant du respect à son mari. Elle doit veiller avec soin à la propreté du foyer et s’assurer que son mari et ses enfants soient toujours vêtus avec soin. Elle doit apprendre à ses enfants l’obéissance, les bonnes manières et le respect envers leurs parents et les aînés, ainsi que la bienveillance envers les autres enfants de la communauté. En outre, elle doit servir de modèle positif en encourageant les enfants du voisinage à assister régulièrement à la messe du dimanche.

Lorsque les proches ou les invités du mari viennent au domicile, il convient de les accueillir avec le sourire et de leur préparer un repas. Si quelqu’un tombe malade en pleine nuit et vient réveiller le mari, celle-ci ne doit pas se plaindre ; au contraire, elle doit garder le sourire et soutenir les personnes qui sont dans le besoin. La femme du catéchiste doit faire preuve d’amour et de sollicitude, et venir en aide à l’assemblée ainsi qu’à la communauté, en particulier aux pauvres et aux orphelins privés d’amour parental.

Elle sait qu’il est important de nouer des liens d’amitié avec les femmes et les jeunes filles du village, et pas seulement avec les croyants car dans certains villages, des familles suivaient encore la tradition animiste. Il arrive qu’un catéchiste et sa famille s’installent dans un village où il n’y a aucune famille convertie à la Bonne Nouvelle de Dieu. Son épouse doit faire preuve d’une hospitalité sincère et ouvrir sa maison aux voisins et aux membres de la communauté qui viennent rendre visite au catéchiste. Il peut arriver que des visiteurs restent tard dans la soirée ; il faut alors faire preuve de patience.

En 1970 je n’étais qu’une très jeune femme au foyer ou une jeune épouse de catéchiste. Ce que je viens d’énumérer j’ai essayé de le faire et de mon mieux. A cette époque je ne pouvais penser quoi que ce soit car l’éducation de nos parents était ainsi pour nous. Ma vie en France m’a permis de faire le triste constat que la place et la valeur de la femme sont toujours mal considérées par rapport à l’homme de tout temps et dans le monde.

C’est tout de même bien regrettable pour toute cette génération de femmes Hmong. Les prêtres italiens comme les prêtres français n’avaient pas songé à cette perceptive de former aussi les femmes de catéchistes. Les former pour qu’elles puissent mieux porter avec leur conjoint la mission, à savoir par exemple, mener un temps de prière lorsque le catéchiste est absent, d’apprendre l’écriture hmong, chanter les cantiques, d’apprendre la couture avec les machines à coudre aux femmes et aux jeunes filles car dans ces villages reculés elles confectionnaient leurs vêtements à la main.

Durant ce temps de formation des catéchistes à la Maison Mère située à Luang Prabang au Laos, les épouses de catéchistes s’occupaient avec diligence à travailler le potager et à nourrir le bétail, de préparer tous les repas et de s’occuper d’élever et d’éduquer leurs enfants comme n’importe quelle mère hmong villageoise.

Je pense et je reconnais que les prêtres missionnaires de cette période étaient vraiment des parents pour nous et nous, nous étions comme leurs fils et belles-filles, nos enfants comme leurs petits-enfants. Nous étions plus de 70 personnes à vivre ensemble et nous ne nous soucions pas de manquer de nourriture car les prêtres pourvoyaient à tout. Ils nous reversaient une partie de leur traitement pour nous aider. Je leur dois tout et leur suis infiniment reconnaissante. Quand je repense à cette époque je ne peux contenir mes larmes car j’ai l’impression que c’était hier seulement. Parfois j’en viens à regretter que les prêtres n’aient pas eu ce projet de former les femmes de catéchistes mais après tout je pense qu’ils avaient déjà beaucoup à se préoccuper en ce qui nous concernait. Donc, je garde un souvenir ému de leur bienveillance et de l’aide apportée à notre peuple Hmong vivant dans des villages de montagnes isolées. Sans eux, nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui.

A la maison Mère de Luang Prabang au Laos, où les catéchistes étaient formés à l’évangélisation, il y avait la messe à 8h du matin tous les jours et en fin de journée on se réunissait pour le chapelet. Nous rendions grâce à Dieu à chaque repas. C’est pourquoi nous devons toujours nous souvenir des paroles que notre Seigneur Jésus nous a enseignées :

Certes, nous devions travailler la terre et œuvrer pour nourrir nos familles et gagner l’argent nécessaire aux besoins de notre foyer.

Toutefois, nous devions aussi consacrer du temps à adorer Dieu et à assister à la messe, peut-être pas chaque jour, mais assurément le dimanche avec un cœur disposé à recevoir le Sacrement qui nourrit nos vies et nos âmes, nous conférant la grâce et la force spirituelle pour nous soutenir. Dans notre foi et notre confiance, la messe et le Sacrement constituent les dons les plus précieux et les plus puissants.

Avoir le Seigneur Jésus constamment à nos côtés nous assure un cheminement sûr et guide nos âmes vers le Royaume de Dieu au Ciel. Lorsque nous prions, nous ne devons pas nourrir de doutes ; au contraire, nous devons faire preuve d’une foi et d’une confiance sincères. Si nous demandons quelque chose à Dieu le Père et au Seigneur Jésus sans l’obtenir, nous ne devons pas perdre espoir. Nous devons nous rappeler que Dieu le Père et le Seigneur Jésus savent ce qui est le mieux pour nous, et qu’ils nous accorderont ce qu’il y a de meilleur.

Nous devons prier avec ferveur et tourner nos cœurs vers Dieu le Père et notre Seigneur Jésus, afin que la puissance et la grande force de Dieu demeurent en nous ; Il enverra alors son Saint-Esprit pour guider nos vies, nous permettant de surmonter toutes les épreuves auxquelles nous sommes confrontés. Nous devrions prier fidèlement le Rosaire, car c’est une forme de dévotion vitale et d’une immense valeur. Lorsque vous priez le Rosaire, ne vous attardez pas sur sa durée ; voyez plutôt chaque « Je vous salue Marie » comme une lumière rayonnante guidant notre chemin vers Dieu le Père.

Notre Mère Marie est une Mère qui demeure constamment à nos côtés ; elle connaît chaque peine de nos cœurs et nous aide à surmonter toutes les difficultés en présence de son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ. Elle intercède pour nous en lui transmettant nos prières.

Que la paix de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ demeure toujours avec vous.

Niam Xib Hwb Txiaj Hawj YAJ

Mr et Mme Yaj Txiaj Hawj